
« Le bonheur est un fruit qu'on n'effleure qu'à peine. » — Cette pudeur de Louis Aragon résume à elle seule l'essence de notre mot de la semaine.
Effleurer. C’est le verbe de la retenue souveraine.
Il évoque ces instants proustiens où le souvenir n’est qu’une caresse à la surface de la conscience, ou cette délicatesse chère à Stendhal, où le sentiment se nourrit de ce qui n’est pas encore tout à fait dit. Entre la caresse et l'absence, ce mot incarne le luxe de la distance juste : il ne possède pas, il salue la beauté en passant.
Dans ce numéro, nous célébrons la poésie du presque, là où le langage se fait souffle et la sensation, promesse.
Et vous, quel fragment de littérature n'a fait qu'effleurer votre âme pour ne plus jamais la quitter ?