Le luxe est une émotion qui s’évapore si on ne sait la nommer. Voici quatre termes choisis pour capturer la beauté de l’instant.
I. ÉVANESCENT, E (adj.)
L’essence : Qui disparaît par degrés, qui s’efface comme une vapeur ou un songe.
L’exégèse : Ce mot ne décrit pas seulement une fin, mais une transition gracieuse vers le néant. En haute parfumerie, on parlera d’une note de tête évanescente. « Il y a dans sa démarche une grâce évanescente, comme si ses pas ne souhaitaient pas marquer la terre. »
II. FUGACE (adj.)
L’essence : Qui dure très peu de temps ; qui ne fait que passer.
L’exégèse : Contrairement à l’évanescence, la fugacité contient une idée de vitesse. C’est l’éclat d’un diamant sous une lumière tournante ou un sourire volé dans la foule. « Le luxe véritable réside parfois dans le privilège de saisir une émotion fugace. » Exemple : « La lumière fugace de Venise souligne la noble caducité de ses palais. »
III. LA CADUCITÉ (n.f.)
L’essence : État de ce qui est vieux, périmé, ou destiné à tomber.
L’exégèse : Un terme noble pour désigner le caractère périssable des choses. On l’utilise pour la beauté d’une ruine ou la mélancolie des feuilles d’automne. C’est la reconnaissance de notre propre finitude. « Il cultivait le goût de la caducité, préférant les velours usés aux ors neufs. »
IV. UN INTERMÈDE (n.m.)
L’essence : Espace de temps ou événement qui vient interrompre une suite d’occupations.
L’exégèse : Plus qu’une pause, l’intermède est une parenthèse enchantée. C’est le moment de suspension entre deux actes d’un opéra ou deux chapitres d’une vie. « Ce magazine se veut un intermède de soie dans la course effrénée de vos jours. »
Le Geste de l’Esthète (Exercice de style)
La consigne : Dans votre carnet personnel, essayez de lier deux de ces mots dans une seule phrase décrivant une ville que vous aimez au crépuscule. Exemple : « La lumière fugace de Venise souligne la noble caducité de ses palais. »